11.03.2018

Jacqueline Morabito: Un univers d’artiste dans les oliviers

Design Architecture

A une volée de feuilles du village de Saint-Paul-de-Vence, ce paysage à vivre de plus de trois hectares a été sculpté par l’artiste décoratrice et architecte d’intérieur Jacqueline Morabito. Là, au coeur d’une oliveraie, d’un merveilleux jardin dessiné en restanques et des murs en pierres d’une ancienne bergerie, la créatrice a fait surgir une architecture minimaliste d’une pure blancheur. Car Jacqueline aime le blanc passionnément, tout comme la simplicité des lignes et sublimer le passé par le contemporain.

Bienvenue dans l’univers poétique de cette âme sensible qui a fait de la lumière et de la quiétude ses complices. Unique et singulière, cette propriété inspirera la rêverie à tout épicurien des Arts et de la nature.

 Tandis que le long bassin de nage en béton s’étire sous les oliviers et prend la couleur du ciel, les quelques 450 m2 de la demeure se baladent entre la maison principale, la maison des invités, les cabanes des bois et autre « casetta ».

Comme un visiteur face à un tableau, on est d’emblée attiré par la structure audacieuse de la façade, un parallélépipède parfait en béton, vraie toile blanche monochrome sertie par les pierres sèches où s’épanouit le lierre de toujours. Quelques marches en gradins, campées comme un petit théâtre entrainent la curiosité vers un patio d’entrée et une porte en fer forgé patinée par la beauté du temps. Poussez-la et découvrez…

La pièce se joue derrière! Passé des panneaux de lin, des portes étroites en acier s’élancant jusqu’au plafond s’ouvrent vers un espace spectaculaire, résolument blanc et architecturé. Le regard se faufile par les perspectives, se promène dans des patios intérieurs et s’échappe en hauteur vers la galerie-bibliothèque. Partout, des passages, des pleins et des vides, des semi-cloisons et du mobilier sur-mesure signé Jacqueline Morabito habitent les lieux. Dans le salon, une vaste cheminée reprend sur un mode contemporain le principe des foyers de campagne, et une seconde plus petite s’imbrique dans la géométrie des murs. Tout est ouvert et tout est caché, un parti-pris de l’artiste… Ici, une petite salle de projection et là encore, adossée à la salle à manger, une cuisine et son comptoir flottant en Corian.

 Niché dans le mur, un escalier en béton grimpe à la passerelle littéraire meublée de consoles et de pupitres où l’on consulte des pages d’art. Là encore, un sol en ciment blanc et des murs en plâtre lisse affirment la couleur de prédilection de Jacqueline. La lumière glisse, s’invite dans une chambre monacale et ressort en terrasse en gardant un oeil sur la ligne d’eau graphique du jardin. Quelques marches en fer s’envolent alors vers un second toit-terrasse semé de cailloux coeur. Un élan artistique cher à Jacqueline Morabito qui semble accroché à la cime des arbres…

Autre îlot de bien-être, la salle de bains en béton lissé fait voguer en eaux calmes une baignoire en Corian taillée sur mesure. Miroir d’un style propre à la décoratrice, la rigueur du design est adouci comme toujours par la mémoire d’un passé .

Tout le talent de Jacqueline est de passer naturellement de l’architecture d’intérieur au paysage et d’y laisser son empreinte singulière. Dedans, dehors… alors, on emprunte avec bonheur un petit chemin entre les oliviers pour rejoindre la maison des amis. Entre les murs des quatre chambres conçues comme des suites , elle y a bien sûr convié le blanc des anges . Heureux les invités qui trouvent là un nid de beauté et une piscine rien qu’à eux pour rafraîchir leurs journées de vacances.

Continuez la promenade… à la croisée des sentiers, trois cabanes bivouaquent au milieu de la chênaie. Hameau des bois? Campement de luxe ? Un rêve pour aventuriers avec cuisine-salle à manger, chambre, espace de toilette, et salon avec projecteur pour une avant-première à la belle étoile. Comme dans les beaux films, Jacqueline a mis en scène des pierres, des bouts d’arbre et des tabourets nature pour mieux se réunir à la tombée du soir autour d’un feu de Robinson .

Partager la belle histoire de la maison, c’est aller plus loin encore dans les bois et découvrir la dernière « casetta », une maisonnette pour amoureux, poussée comme une fleur banche au milieu des bosquets. Parfait mariage entre l’art topiaire et l’architecture dont la magicienne des lieux a le secret… D’ailleurs l’ensemble de cette propriété n’est-elle pas l’image du paysage artistique de Jacqueline Morabito , elle qui cultive passionnément la création contemporaine sur fond de Méditerranée et d’oliveraie millénaire.

Texte : Françoise Lefébure

Photos : © Cerise Doucède

Rémi Guisset

+33 (0)6 60 89 20 11
remiguisset@lexploreur.com

Jérémy Bailet

+33 (0)6 61 01 71 08
jeremybailet@lexploreur.com